Olympisme

En raison de la caractéristique fondamentale de cette catégorie qui en fait un dictionnaire, non une encyclopédie, et des règles qui président à son élaboration, je ne peux faire une entrée à « Jeux olympiques ». Alors je me rabats sur le mot olympisme, même si olympiade serait sans doute plus approprié, bien qu’ambigu, car Le Robert (1987) définit d’abord ce mot par une « période de quatre ans entre deux jeux olympiques ». Quant à olympisme, il se définit par « l’institution, l’organisation des jeux », mais j’estime que, par extension, il peut désigner aussi bien l’esprit des jeux olympiques, la philosophie qui les sous-tend.

Les Jeux olympiques sont nés en Grèce antique, aire spatio-temporelle de grande civilisation. Un Français du nom de Pierre de Coubertin a eu l’idée des les relancer à la toute fin du dix-neuvième siècle, remettant ainsi à l’ordre du jour une pratique qui aurait dû demeurer dans l’antiquité, comme le gynécée, l’esclavage, l’élitisme homosexuel, etc. Personnellement, je n’aime pas l’idéal olympique que, d’ailleurs, je ne comprends pas. Quelqu’un qui s’entraîne six heures par jour à courir cent mètres, à plonger dans une piscine ou à lancer un javelot, je ne trouve pas ça particulièrement intelligent. Et quand il doit s’injecter je ne sais trop quelle substance pour y arriver, alors ça devient carrément débile. Aussi bien jouer à celui qui pisse le plus loin…

Je ne comprends pas non plus pourquoi les médias accordent tant d’importance à cet événement « planétaire », ni pourquoi ils s’acharnent à compter le nombre de médailles remportées par les Canadiens, les Français, etc. Honnêtement, le fait que le Canada remporte 9 ou 36 médailles aux Jeux olympiques n’a aucun effet sur ma fierté nationale.

Disons-le franchement, la tenue des jeux olympiques témoigne d’enjeux économiques qui ont peu de chose à voir avec le sport. Les recettes se chiffrent maintenant à coup de milliards de dollars et proviennent essentiellement des droits télévisuels et de commandites. Wikipédia (2012) mentionne aussi que les retombées touristiques sont également cruciales pour les villes organisatrices. D’ailleurs, après le dopage, le deuxième scandale de ces jeux vient de la sélection des villes hôtes pour leur tenue, sélection qui a donné place à plusieurs cas de corruption au cours des vingt dernières années. Remarquez que, depuis la pandémie, bien des choses ont changé...

La devise des jeux olympiques est depuis leur modernisation « citius, altius, fortius », ce qui signifie « plus vite, plus haut, plus fort ». À mon avis, l’olympisme ne véhicule que la compétition, l’élitisme et l’inégalité entre les hommes et les femmes de ce monde. Pour le reste, laissons cela aux politiques dont l'idéal du rapprochement entre les peuples – argument utilisé pour justifier les dépenses faramineuses occasionnées par la tenue des jeux – n'est qu'un triste subterfuge pour masquer la maximisation des profits par la voie de la mondialisation. Récemment une amie, en désaccord avec mes propos, me demandait ce que je faisais du « dépassement de soi », cet idéal véhiculé par les athlètes. D’abord, le dépassement de soi n’est pas permis uniquement aux surdoués du muscle ou du cerveau. Ensuite, la motivation de l’athlète peut certes reposer sur un certain dépassement de soi… mais également sur les retombées pour lui-même en matière de contrats en commandites publicitaires. Car l’idéal olympique fait vendre aussi, ne l’oublions pas.

c2012, rév. 2021-05-15

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