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Affichage des messages du 2015

Écrire ou ne pas écrire : conseil à un ami

 à Pierre R. J’ai un ami qui vient de prendre sa retraite. Autour de la table, lors d’un repas avec d’autres amis, une discussion s’engage sur ses projets, sur ses intentions d’activité. Cet ami est doté d'une grande culture, mais s’avère un intellectuel passif.  En effet, il lit beaucoup, il s’intéresse à la littérature, à la philosophie et à la politique... mais il ne restitue pas par écrit ce qu’il retient de ses lectures, de ses observations. Bref, il n’écrit pas, même s’il a des opinions fort pertinentes sur les phénomènes sociopolitiques. Des opinions qu’il pourrait partager. Des idées qu’il pourrait diffuser. Parce qu’elles en valent la peine. Mais mon ami a du mal à écrire. Mieux que quiconque, il souffre du syndrome de la page blanche ou plutôt de l'écran vide. Ce syndrome agit sur plus d'un individu. On s'assoit devant son écran, on commence à taper des mots... et tout se fige et ce, malgré le message qu'on voudrait communiquer au monde. Un écrivain (je cr

The Killing (série télévisée)

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J'ai écouté les deux saisons de cette série américaine sur Netflix. J'écris « deux saisons » mais, dans les faits, il n'y en a qu'une, car chacun des vingt-six épisodes relate une journée dans l'enquête que mènent Sarah Linden et son collègue Holder pour résoudre l'assassinat de Rosie Larsen, une jeune fille de seize ans. Cette série, je l'ai découverte un peu par hasard. Je dois vous dire que je suis assez difficile en matière de consommation télévisuelle. Je travaille beaucoup dans la vie et, quand j'écoute une série ou que je lis un roman, le réalisateur ou l'auteur doit absolument me sortir de mon monde pour m'entraîner dans le sien. S'il n’y réussis pas, je renonce vite... Je suis comme ça: je dois « croire » à l'histoire qu'on me raconte, un peu comme un gamin « croit » au Père-Noël en âge préscolaire. En raison de la nature policière de cette série, je ne peux évidemment pas vous raconter l’histoire. En revanche, je peux vous d

Pierre Flynn en octobre

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Dès l'âge de seize ans, Octobre a toujours été « mon » groupe. Un groupe automnal, comme l’indique son nom, qui participait à mes blues d’adolescent à l’approche de l’hiver. À partir du milieu des années 1970, avec mon ami pointelier Sylvain Boulet, j'ai écumé toutes les salles de spectacles du grand Montréal pour assister à plus d'une vingtaine de concerts d’Octobre. Je connaissais tellement le comportement du groupe sur scène que je me régalais d'avance de certains passages au clavier de Pierre Flynn, à la basse de Mario Légaré, à la batterie de Pierre Hébert, et même des moqueries à l'endroit du guitariste Jean Dorais, un excellent guitariste au demeurant, sans doute un des plus grands guitaristes rock du Québec. Octobre reposait beaucoup sur l'âme de Pierre Flynn qui a composé les musiques et écrit la plupart des textes des chansons du groupe. Toutefois, on ne doit surtout pas minimiser la qualité exceptionnelle de chacun des musiciens. D'ailleurs, le ba

Réfugié

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Dans plusieurs pays du monde, les réfugiés vivent dans des camps. Un camp de réfugiés est une prison à ciel ouvert dans laquelle s'entassent des hommes, des femmes et des enfants. Un camp de réfugiés est une zone de non droit où des individus n'ont rien d'autre à faire qu'attendre et, dans cette attente, rejoignent des clans, des groupes, des factions qui les obligent à faire usage de la violence pour assurer leur survie. Camp de Lesbos (Grèce) par Mustapha Abusalah, 2016, diffusée sur Pixelbay Un camp de réfugiés est un lieu de violence et d'ennui causé par l'oisiveté de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qui attendent. C'est le lieu de tous les trafics: des cigarettes aux drogues dures, des litres de lait aux morceaux de viande, bref tout et n'importe quoi. Alors, quand un message que des personnes, trop bêtes pour chercher le sens des choses, font courir sur les réseaux sociaux, je me désole... Ce message, que je ne reproduirai pas ici, allèg

Céline en douze points

 1. Céline a de l'Irlande en elle. Ses yeux couleur d'écorce forment de jolies rondelles sur la peau blanche de son visage. Sa peau rougit en vieillissant, comme une forêt en automne. 2. Elle est encore belle, Céline. Elle a le sourire dans les yeux. Cliché: ces yeux brillent comme les rues asphaltées de la ville après la pluie. 3. Céline n'aime pas toucher les gens. Elle dit qu'on n'a pas besoin de se toucher pour s'aimer. Elle a raison, Céline. Chez elle, le corps est le reflet de l'âme. 4. Céline ne m'embrasse pas ; elle dépose un baiser sur ma joue. Je sens à peine ses lèvres effleurer ma peau. Cliché: c'est doux comme un vent léger par un soir caniculaire d'été. 5. Dans mon esprit, Céline est associée au thé. Je ne peux me la remémorer sans une tasse de thé à la main. Parfois, pour accélérer les choses, elle y déposait un glaçon... La vision de ces mains se refermant sur sa tasse de thé ne me quitte jamais. 6. J'ai connu Céline à l'a

Je me demande

Des profondeurs je m'élèverai Les yeux grand ouverts dans l'obscurité Et même si le souffle vient à me manquer Je sais que je survivrai... Attends ! Je sens qu'on se rapproche de moi Pourquoi vois-je si trouble dans la lumière ? Serait-ce ta voix que j'entends? Est-ce toi ? Pourquoi tout cela n'est-il pas plus clair ? Ah ! Quelle indicible douleur... En mon corps et mon âme - irrationnelle ! Je surnage au milieu de mes peurs Dans l'eau agitée d'une mer irréelle Puis je sens enfin ta présence Alors mon coeur éclate dans un tourbillon de joie Est-ce à mon tour de briser le silence ? Est-il déjà temps pour moi de faire un choix ? Je sais que vers toi je reviendrai Tout comme je suis, je vis, je meurs Et qu'un jour viendra mon heure Au bout du chemin de te retrouver Je jure que je passerai à travers Avec mes mains te cherchant dans la nuit Avec mes yeux collés à la surface du verre Je parviens enfin à te voir, le regard ébloui Alors que tu tiens debout au ce

Les larmes

De ta lettre trop tard envoyée Je n'ai pas compris les mots D'amour sur le papier couchés Ta promesse d'un temps nouveau Car aveuglé par le soleil couchant Je n’ai pas vu le soir mourir Et avant que ne vienne la nuit Je t’avais déjà trahie… Et j'ai pleuré... Les larmes de la honte sont de celles qu’on retient Chargées de sel comme les eaux des mers mortes Elles sèchent vite, trop vite Que pourraient-elles bien féconder ? Les terres qu’elles baignent sont depuis longtemps désertées. Puis je suis rentré au pays Où tu m'attendais vêtue de noir En deuil de ta mémoire Et de nos amours enfouies Car j'ai dû te refuser Ce qu'à l'autre j'avais promis Et du projet de rester amis Il n'en est plus rien resté Tu as pleuré... Les larmes qui coulent sur ta joue Et coulant forment un collier de perles dans ton cou Sont-elles les larmes de l'amour ? Se moquant des jours, des mois, des années Elles sonnent le glas de notre amitié. Puis les années ont passé Et