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Argent

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Image : Chartrand St-Louis, 2019 Le Petit Robert (1987) définit l’argent comme le métal blanc qui sert, entre autres choses, à frapper la monnaie. Dans son acception la plus large, l’argent est « ce qui représente cette monnaie » et qui permet d’échanger, par la voie indirecte (en comparaison à la voie directe représentée par le troc), des  marchandises de toutes sortes. Aussi l’argent n’a pas de valeur en soi puisque c’est seulement ce qu’il représente, ce qu’il permet d’acquérir, qui en a une. Mais ce pouvoir de représentation exerce une influence non négligeable sur la vie quotidienne des hommes et des femmes dont la plupart éprouvent, à un moment donné ou à un autre de leur existence – quand ce n’est pas en permanence – des problèmes d’argent. L’argent et les problèmes qui en découlent empoisonnent l’existence de tout un chacun. Il perturbe les relations amicales, voire familiales, et provoque des querelles infinies dans les questions d’héritage. L’argent est un voile qui assombri

Cinq œuvres littéraires marquantes

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Un de mes amis facebookiens m’a mis au défi de faire la liste des dix œuvres littéraires les plus marquantes. Puisque je ne me suis pas contenté d’une liste, je présente ici les cinq premières. Bien entendu, il s’agit d’œuvres marquantes non pas pour l’histoire de la littérature, mais pour ma propre histoire personnelle. C’est pourquoi chacune des notices suivantes débutent par « parce que », simplement pour répondre à la question: Pourquoi cette œuvre, et pas une autre ? Cinq œuvres marquantes pour moi, donc. En provenance d’auteurs de France, d’Angleterre, des États-Unis et du Québec. 01 - À la recherche du temps perdu / Marcel Proust (1913-1927) Parce que c'est une œuvre qu'on ne finit jamais de lire... Découverte à l'âge de vingt ans alors que j'étais étudiant en philosophie à l'université, l'ouvrage de Proust ne me quitte plus depuis. Aucun autre écrivain n'a été aussi loin dans la compréhension du désir humain. Une fois qu'on a compris la structure

Comment organiser sa discothèque numérique

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Si vous êtes un mélomane, un féru de musique dite classique comme je le suis, tout en ne dédaignant pas le rock, notamment le rock progressif, alors ce billet sur l’organisation de la musique numérique pourrait vous intéresser. J’ai employé le concept de discothèque numérique tout en sachant que le terme n’est guère approprié, même si la notion d’album demeure essentielle à mes yeux pour comprendre le contexte créatif d’un musicien. Mais nous pourrions la substituer à celle d’œuvre. En effet, une sonate, un concerto, une symphonie sont des genres qui pourraient être considérés comme des unités en soi. Mais cette notion s’applique plus difficilement à la musique rock, une musique tout aussi noble que les autres, mais qui peut se présenter sous une forme plus éclatée, à l’exception sans doute des albums concepts, comme certains albums de Genesis, par exemple. Vendre de la musique à la pièce est un phénomène que je déplore… mais tant pis pour ceux et celles qui s’adonnent à cette pratique

L'homme avec un drapeau du Danemark

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Assis tranquillement dans le bus qui m'emmenait au métro, je fus distrait de ma lecture par un gars derrière moi. ─ Qu'est-ce que c'est que ce chauffeur ? disait-il à voix haute. L'as-tu vu comme elle chauffe ? Personne ne lui donnait la réplique, de sorte que j'en conclus qu'il était seul. J'essayai de reprendre ma lecture de La peste d'Albert Camus quand je l'entendis marmonner encore : ─ C'est quoi, ce chauffeur ? Elle brette, elle brette... Dans un bus rempli à pleine capacité, il ne faut qu'un seul individu pour vous pourrir la vie. Je me retournai pour le regarder. Cheveux courts mais désordonnés, t-shirt à manches longues d'une propreté douteuse, pantalons de jogging, aussi noirs que le t-shirt, et enfin, des chaussures noires aussi, sans lacets et dont la saleté était évidente. Dans sa bouche, il tenait un drapeau du Danemark... comme s'il avait décidé ce matin de jouer les portes étendards de ce petit pays scandinave. La Coup

Ce que traduire veut dire: Hommage à Paul Laurendeau

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Que ce soit sur son blogue , sur celui d'ÉLP éditeur ou sur le webzine Les 7 du Québec, Paul Laurendeau offre différentes traductions à ses lecteurs, toutes aussi percutantes les unes que les autres. La première qui me vient à l'esprit est L'ère du verseau , traduction d’ Aquarius (texte de James Rado), hymne d'ouverture à l'opéra-rock Hair (1967) - un moment clé de l'histoire de la contre-culture américaine à la fin des années soixante. L'auteur de ce blogue avec Paul Laurendeau (à droite) au Salon du livre de Montréal en 2011. La deuxième s'avère nulle autre que Le corbeau , le poème d’Edgar Allan Poe ( The Raven ), que Paul Laurendeau, après Baudelaire et Mallarmé, a traduit en français. Après d’aussi illustres poètes, personne n'avait osé traduire en français le célèbre poème de Poe. Pour justifier son audace, Paul Laurendeau écrit : « Ces deux poètes français majeurs, en utilisant le vers libre et de fines altérations du sens, ont tiré ce texte

Création et logique marchande (Les créateurs 2)

Le problème de nombreux artistes québécois, voire francophones, c’est qu’ils obéissent – sans doute bien malgré eux – à cette logique marchande insufflée par leurs agents et par toute cette faune qui vit de la création, peut-être dans l’intérêt des créateurs, mais dans cet intérêt immédiat qui ne va jamais au-delà du court terme. Et cela touche autant les auteurs, les compositeurs, les interprètes que les artistes en art visuel, scénique et autres. Cette logique prétend, par exemple, qu’un groupe rock ou pop doit limiter le nombre de disques qu’il pourrait sortir en raison de l’étroitesse du marché. Selon leurs analystes de haute voltige, le marché ne saurait absorber plus d’un produit culturel par année par artiste. Comme vous pouvez le constater, nous sommes bien dans cet univers marchand qui voit les œuvres comme des « produits » devant être « mises en marché » en fonction d’une « clientèle cible ». Quand je fais allusion à cette faune, j’inclue bien entendu les bureaucrates de la c

Amour

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Parmi les multiples définitions que donne Le Petit Robert du mot « amour », je retiens celle-ci : « Inclinaison envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel mais entraînant des comportements variés ». Quelle étrange définition ! L’amour qu’un individu porte à un autre individu est-il nécessairement fondé sur l’instinct sexuel ? Bien qu’il ne soit pas interdit de réfléchir à la question, avec le temps je me suis convaincu que l’amour qu’une personne ressent pour une autre se développe dans le quotidien, se renforçant lentement au fil des jours. Certes, le corps de cette autre personne joue sans doute un rôle, mais c’est son mode de présence au monde, sa manière d’être, qui plait tant ou ne plait pas chez l’autre, et non son apparence physique ou ses qualités intellectuelles. En conséquence, le mode de présence au monde – qui correspond plus ou moins au concept heideggérien de dasein – n’est pas étranger au sentiment amoureux. Quant aux « com